Écouter. Comprendre. AGIR

Je m'inquiète

Le suicide : des signes à reconnaître, des gestes à poser …

On pense toujours que ça n’arrive qu’aux autres.
Pourtant…


Julie,
Eric,
Vincent,

Isabelle,

ce sont tous des gens qui, comme vous et moi, peuvent vivre, un jour ou l’autre, des périodes de crise, des moments de douleur. Lorsque la souffrance devient intolérable, il se peut qu’on ait peine à croire qu’on puisse s’en sortir.

Pourtant, c’est possible.

Et, comme proche d’une personne suicidaire, on peut aider l’autre en agissant.



Agir, c’est prendre soin de soi.

  • Être attentif à soi, savoir reconnaître les indices de sa propre détresse
  • Partager et parler de ce que nous vivons
  • Se faire plaisir et avoir des activités agréables

Et lorsque nos moyens habituels pour traverser les moments difficiles ne fonctionnent plus, n’hésitons pas et allons chercher de l’aide. Notre propre comportement influence celui de notre entourage.

Agir, c’est reconnaître les signes
Agir, c’est porter attention
Agir, c’est aussi une question d’attitude
Agir, c’est offrir son soutien
Agir, c’est mesurer l’urgence
Secret ou discrétion

Agir, c’est reconnaître les signes

Les personnes qui pensent au suicide indiquent plus ou moins clairement leurs intentions à l’entourage immédiat. Il est donc important d’identifier les signes précurseurs du suicide qui sont des indices d’appel à l’aide. On peut ainsi intervenir à temps. En voici quelques exemples :

Messages directs

  • « Je veux en finir »
  • « La vie n’en vaut pas la peine »
  • « Je veux mourir »

Messages indirects

  • « Vous seriez bien mieux sans moi »
  • « Je suis inutile »
  • « J’ai fait mon testament »
  • « Je vais faire un long voyage »

Attitudes et comportements

  • Verbalisation sur la mort ou le suicide
  • Changements importants de comportement, sautes d’humeur
  • Troubles du sommeil
  • Troubles alimentaires
  • Don d’objets significatifs
  • Manque d’énergie ou hyperactivité
  • Perte d’intérêt
  • Isolement, retrait
  • Consommation abusive d’alcool, de drogues ou de médicaments
  • Expression verbale du découragement et de la souffrance vécue
  • Mise en ordre des affaires personnelles
  • Parler de la valeur et du courage de ceux qui se suicident
  • Perte du désir sexuel
  • Tristesse, ennui, indécision, irritabilité, perte de mémoire

Agir, c’est porter attention

Certains signes peuvent être trompeurs. Une personne qui pense au suicide ne paraît pas nécessairement déprimée : elle peut cacher sa tristesse sous des apparences de « bouffon » ou de « dur ».

La personne qui arrive à la conclusion que seul le suicide peut mettre fin à sa souffrance et qui planifie son geste peut sembler soulagée, heureuse, voire même euphorique. Son attitude peut nous faire croire que la crise est terminée. Il faut garder à l’esprit qu’une bonne humeur soudaine peut représenter un signe avant-coureur d’une tentative de suicide. En cas de doute, il vaut mieux en parler directement avec la personne.

Dans tous les cas, la personne suicidaire se sent dépassée par l’ampleur de ses problèmes. De son point de vue, il n’y a pas d’autres solutions que le suicide pour mettre fin à sa souffrance.

Une personne suicidaire se confie souvent plus facilement à une personne proche en qui elle a confiance (ami, parent, professeur, professionnel...).

Ce dont elle a besoin, c’est de trouver quelqu’un qui pourra la soutenir, l’aider à faire face à ses problèmes, un à la fois… bref, l’aider à retrouver espoir.

Agir, c’est aussi une question d’attitude

L’idée qu’un être cher puisse aller si mal qu’il pense à s’enlever la vie est insoutenable. Plusieurs émotions s’entremêlent : incompréhension, impuissance, colère, inquiétude… Quelquefois, nous préférons nier la situation, nous dire que cela n’est pas si grave et que cela va passer. Ou encore, il nous arrive de penser que ce que l’autre personne vit est anodin alors que pour elle, la situation est très souffrante. Essayons d’aller au-delà de nos peurs et de nos préjugés et agissons !

Agir, c’est offrir son soutien

  • Prendre la personne au sérieux en évitant de se moquer d’elle, de moraliser ou de la mettre au défi
  • Lui faire part de nos inquiétudes à son sujet
  • L’écouter et lui démontrer que l'on comprend l’ampleur de sa détresse
  • Lui manifester notre affection
  • Soutenir l’autre personne dans sa démarche de recherche de solutions tout en respectant nos limites et en évitant de tout faire à sa place
  • L’encourager à se chercher de l’aide et l’accompagner au besoin
  • Aller nous-mêmes chercher de l’information et du soutien pour être en mesure de mieux aider

Il se peut que vous vous sentiez incapable d’agir. 

Si tel est le cas, assurez-vous qu’une autre personne le fasse.



Et dans toutes les situations, ne restez pas seul à intervenir.

Besoin d'aide ?  1 866 APPELLE (277-3553)


Agir, c’est mesurer l’urgence

  • Vérifier si la personne pense au suicide et, dans l’affirmative, jusqu’où a-t-elle planifié son geste 
(comment ? où ? quand ?)
  • Plus le geste est planifié, plus nous devons être directifs et agir rapidement

Secret ou discrétion ?

Garder le secret qui nous a été confié risque de limiter les interventions possibles et de nous faire porter seul la responsabilité du mieux-être de l’autre. Sans garder le secret, engageons-nous à être discrets, dans le respect de la personne qui souffre.

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