Témoignage de Josianne
J’aimerais vous raconter mon histoire et peut-être vous livrer un message d’espoir. Le 8 mars 2006, un terrible événement s’est produit dans notre famille. Mon père s’est enlevé la vie. Sa tristesse des jours précédents ne nous a jamais laissé présumer d’un tel geste.
À partir de ce moment, un énorme travail débutait pour nous : le deuil par suicide. Des milliers de questions dans nos têtes, de nombreux SI et de nombreux combats contre des ouï-dire d’un petit village. Tout le monde amène son opinion pour essayer de comprendre, mais vous brise le cœur en même temps. J’avais envie de crier haut et fort que mon père était une bonne personne et qu’il avait seulement décidé de mettre un terme à son combat. Parce qu’il était épuisé de se battre et que, pour lui, la seule solution passait par le suicide. Un suicide n’est pas un choix, mais bien un manque de choix. Pour ceux et celles qui vivent avec cette personne, c’est très difficile de s’en rendre compte, car nous sommes trop près de la situation. Nous ne sommes pas objectifs.
Suite à cet événement, j’ai décidé de rencontrer, à JEVI Centre de prévention du suicide - Estrie, une personne pour m’aider dans mon cheminement. Cet organisme vient en aide aux personnes suicidaires, mais aussi aux personnes endeuillées par ce geste. L’intervenante que j’ai rencontrée en suivi individuel m’a guidée dans mon processus de deuil. Elle m’a appris les étapes par où j’allais passer et m’a aussi expliqué que j’étais tout à fait normale de vivre toutes ces émotions.
De la colère à la tristesse en passant par la culpabilité, et tout ça dans la même journée, te font croire que tu es en train de devenir folle. Je croyais que le jour où il allait mourir je ne survivrais pas, mais grâce à cette merveilleuse intervenante, j’ai vu un peu de lueur d’espoir.
Aujourd’hui, rien n’est encore terminé ; j’ai toujours le cœur brisé en deux et je penserai toute ma vie à lui. Jamais je ne pourrai l’oublier, mais je dois continuer ma vie pour mon conjoint, mes enfants et toute la famille qui me reste. Je dois seulement apprendre à vivre avec ce grand vide.
Pour conclure, je voulais seulement vous faire connaître cet organisme merveilleux qui m’aide énormément. Si, à travers cet article, j’ai pu seulement le faire connaître à une personne et bien, au moins, j’aurai le sentiment d’avoir accompli quelque chose pour lui. JEVI offre, aux personnes endeuillées, des rencontres individuelles ainsi que des rencontres de groupe et ce, tout à fait gratuitement. N’hésitez pas, appelez au 1 866 APPELLE (277-3553). ♦
Témoignage de Jean-Marc
Je suis un homme de 60 ans qui vient vous partager ce qu'il a eu à vivre à la suite de la perte d'un enfant par suicide. On se dit que cela ne peut arriver qu'aux autres. Mais, par un bel après-midi d'automne, qui vois-je arriver ? Ma belle-fille, pour me dire que mon fils Éric s'était enlevé la vie. Sur le coup, tout notre univers bascule, tout devient noir. La première question qui nous vient à l'idée : POURQUOI ? Mais à cette question, il n'y a pas de réponse.
Ayant déjà vu dans le journal La Tribune, en dessous de photos de jeunes (où des dons à JEVI seraient grandement appréciés) et bien, je me suis dit peut-être qu'ils peuvent faire quelque chose pour moi.
C'est à ce moment que j'ai pris le téléphone pour m'informer s’ils pouvaient faire quelque chose pour une personne qui vivait un deuil par suicide. L’intervenante m'a répondu oui. J'ai pris rendez-vous et, par des rencontres individuelles, elle a su me faire comprendre ce que vivaient les personnes qui se suicidaient. Cela m'a beaucoup aidé et, par la suite, j’ai complété par des ateliers du groupe de soutien pour personnes endeuillées. Tout cela gratuitement.
Vous qui êtes sollicités pour contribuer à leur cause et bien, je dois vous dire que vous êtes privilégiés de pouvoir le faire. Je ne peux trouver les mots pour vous décrire la qualité des gens qui y travaillent et leur grand dévouement. Mais une chose est sûre, ils ont le cœur sur la main et ne demandent qu'à vous aider.
N’hésitez pas à vous unir à cette bonne cause qu'est JEVI. Qui sait, si un jour, vous n'aurez pas besoin de ce service.
P.-S. : Merci à vous deux, Sylvie et David, de m'avoir accompagné dans mon cheminement. ♦
Anonyme
Il y a un an environ, une personne de l'endroit où je travaillais s'est suicidée. Malgré ma réticence à consulter, j'ai tout de même accepté le rendez-vous avec toi. Je m'y suis rendue dans l'idée de ne rien te révéler sur ma vie, de te parler seulement de ce que je vivais par rapport à la mort de cette personne. Très vite, mon discours a changé. Très rapidement, je me suis ouverte à toi. J'en avais vraiment besoin, je vivais une période très difficile dans ma vie, séparation, déménagement, remise en question... ouf ! Je ne voyais pas le bout ! Je vivais de la culpabilité pour tout et pour rien, je ne savais pas par où commencer pour régler tout ce qui se passait et je me sentais plus qu'épuisée par le travail. Le nombre de fois où j'ai dû te dire que j'avais envie de tout lâcher et de partir loin !
Et bien maintenant, je suis vraiment heureuse. Tu m'as amenée à cheminer d'une façon telle que j'arrive à ne plus me sentir coupable pour un rien. Ce n'est pas parfait mais maintenant au moins je vis bien avec ça. J'accepte de ne pas être parfaite, de faire des erreurs. J'ai finalement quitté l'endroit où je travaillais, non pas parce que je n'aimais pas le travail, mais parce que j'avais envie d'autre chose. Je ne voulais plus non plus avoir une si grosse tâche de travail, je voulais prendre ma place et me respecter. J'ai enlevé de mon discours les mots JAMAIS ou bien TOUJOURS et juste ça, ça m'enlève un gros poids sur les épaules.
Il y a quelques semaines, ça a fait un an que la personne s'est suicidée. Ça m'a fait réaliser à quel point j'ai cheminé depuis. Et parce que tu m'as beaucoup aidée, je tenais à te remercier. Le suivi que tu m'as donné a été pour moi un tournant dans ma vie. Je pense que souvent, rien n'arrive pour rien. Je n'accepterai probablement jamais que cette personne se soit suicidée, mais je suis tout de même heureuse d'avoir pu être suivie par toi pour régler quelques trucs qui traînaient depuis longtemps et être maintenant aussi heureuse.
Même si souvent je trouve que ce mot est trop petit pour exprimer ce que je ressens, c'est tout de même le seul qui me vient à l'esprit : MERCI ! ♦
Anonyme
Comment pourrais-je vous exprimer toute la gratitude que je ressens envers votre organisme? Des fois, il semble qu’un merci ne soit pas suffisant. Le suicide de mon ami m’a complètement déstabilisée au point où j’ai cru devenir folle. Je survivais au travers une mer d’émotions.
Je ne savais pas que JEVI offrait un soutien aux personnes qui ont perdu un être cher par suicide. Je croyais que vous n’aidiez que les personnes en détresse au point de songer au suicide. Je suis arrivée chez vous par accident ! Je m’étais inscrite à une formation pour devenir sentinelle. À la lecture de mon questionnaire, on m’a doucement suggéré de ne pas suivre la formation, par contre, on m’offrait un suivi individuel. C’est comme ça que je me suis retrouvée dans le bureau de Sébastien.
Quel magicien ! Quelle patience ! Quelle empathie ! Il a su me mettre en confiance, pour une farouche comme moi… À travers le cycle du deuil, nommer et exprimer les sentiments que je vivais et autres exercices dont un en particulier que je ne voulais pas faire (ha ! ha ! pauvre Sébastien), je me suis rendue compte que je suis normale !!!
Bien que mon ami me manque, j’en suis rendue à accepter sa décision, à accepter que je n’aurai pas toutes les réponses à mes questions. Mon ami repose maintenant en paix et vit au travers de moi. Il m’aide à grandir, une journée à la fois. Merci ! Merci ! Merci ! ♦
© 2012 JEVI Centre de prévention du suicide - Estrie.